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Histoire d’Allègre (conçue pour la frise historique)

Il s’agit du résumé inspiré de l’important travail de recherche de Mme Chastagnol (3 livres de plusieurs centaines de pages) qui fait référence aux notes historiques de Félix et Emmanuel Grellet de la Deyte, Georges Paul,  Marcel Saby, Brantôme, Charon, Etienne de Médicis, l’abbé Olier de Pébrac, etc…
Sont également citées les Archives Départementales, les Archives Municipales du Puy, la B N F, les Archives Nationales,  etc…

Madame Berthe Chastagnol était directrice de l’école Laïque d’Allègre de 1962 à 1977. Mlle Savy a collaboré avec elle pour les représentations graphiques.

N’oubliez pas de vous rendre sur le site des amis d’Allègre pour avoir accès à l’histoire d’Allègre très complète sous forme de très nombreux fichiers pdf.

Préhistoire

Nous n’avons pas la chance de posséder dans le secteur d’Allègre des grottes qui ont été fréquentées par les hommes préhistoriques. Cependant il est tout à fait possible que ces derniers se soient aventurés sur les flancs du Mont Bar et du Mont Baury.

A moins de 20 km d’Allègre, sur la commune de Polignac, près de Sinzelles, existe la grotte du Rond du Barry qui ressemble plus à un abri sous roche qu’à une grotte. C’est dans celle-ci qu’ont été menées plusieurs campagnes de fouilles depuis 1966 qui ont prouvé qu’ elle était fréquentée par nos ancêtres. En 1986 on a découvet un crâne, qui date de la période du mésolithique soit vers 6700 ans avant JC. Il y a de grandes chances que ces premiers habitants de Haute-Loire se soient approchés du Mont Bar, attirés par ses formes généreuses mais rien ne prouve à ce jour qu’ils se soient fixés dans ce secteur.

Époque Gallo-romaine

Bien connu pour être la capitale Gallo-romaine du Velay, Ruessium (Saint Paulien) n’est qu’ à 12 km d’Allègre. C’était la ville la plus importante de la région entre le 1er et le 3ème siècle après J.C. Les romains se sont installés dans le village de Châteuneuf qu’ils appelèrent Castronova. Il y avait aussi le village de Céaux d’Allègre qui d’après G. Paul existait au moment de la conquète de la Gaule par César. Mais le fait le plus marquant se produit en 1821.
« Une tourbière c’est bien joli mais ça ne rapporte rien » durent penser les paysans qui décidèrent de la transformer en pâturage le lac peu profond qui occupait le cratère du mont Bar. En 1821, ils entreprirent de creuser un drain pour assécher ce lieu humide qui d’après certains attirait les orages.
Creusant et pelletant avec entrain, un ouvrier découvrit un vase de terre cuite qui s’avéra contenir trente trois pièces de monnaies (dont certaines à l’effigie de l’empereur romain Marc-Aurèle (IIème siècle après J-C), un collier, deux bracelets et un lingot, « le tout antique et en or », précise un érudit.
Le trésor est depuis longtemps dispersé, mais l’histoire est authentique. »
Le musée Crozatier a pu récupérer 9 des ces pièces dont 8 sont en or, elles constituent le « Trésor d’Allègre ».

Pièce romaine côtés pile et face à l’effigie de l’empereur Dioclétien (284-305)
Cette pièce en or provient du trésor d’Allègre (Musée Crozatier) elle a été trouvée en 1821.

Epoque féodale

Le village de Castronova n’étant pas suffisamment défendu et étant trop souvent pris par l’ennemi, le seigneur des lieux décida de s’installer sur l’éperon rocheux que constituait le Mont Baury. Position bien plus stratégique de par son élévation qui permettait d’apercevoir l’assaillant venant de loin et de pouvoir ainsi organiser plus rapidement la défense. A cette époque existait aussi une tour à l’extrémité nord du cratère du Mont Baury, c’était un château à motte en bois qui servait surtout de poste d’observation pour l’ennemi venant du nord. Plus tard cet édifice sera remplacé par une tour plus conséquente dite la « Tour de Pouzols ». Celle-ci avait un diamètre d’une dizaine de mètres et était protégée par un fossé dont on peut encore admirer avec un peu d’imagination les restes. Il existait donc deux constructions, celle du seigneur sur le Mont Baury à l’emplacement actuel de la Potence (les sondages archéologiques de 2017 en ont attesté l’existence) et cette tour toute en bois au nord du cratère, assez proche du village de Pouzols actuel.
C’est pendant cette période qu’apparaît le nom de Grazac, le village se situait sur les flancs du mont Baury et s’étirait sur le côté sud sud-ouest, plus tard il deviendra « Allègre ».

La première famille de seigneurs : Les « d’Alègre »

Nous avons fort peu d’informations en ce qui concerne les seigneurs d’Allègre avant 1220. Nous ignorons tout sur les parents d’Armand Ier.
Ce que nous savons c’est qu’ en 1096, le seigneur d’Allègre participa avec ses vassaux, à la croisade des chevaliers en compagnie d’Adhémar De Monteil. Il en rapporta le premier blason que les d’Alègre conservèrent : « de gueules semé de fleurs de lys d’or, sans nombre ». L’un des vassaux du seigneur d’Allègre, Etienne de Bard, fut tué au siège d’Antioche en 1098.

« De gueules semé de fleurs de lys d’or, sans nombre »

Arbre généalogique des d’Alègre

Pour explorer les arbres généalogiques des familles « d’Alègre » des « De TOURZEL » de façon très complète il est conseillé de se rendre sur geneanet.org :
Pour la première famille, les « d’ALÈGRE »
https://gw.geneanet.org/albercentet_w?lang=fr&p=armand+ier&n=d+alegre&pz=0&type=tree

Pour la famille « De TOURZEL » :
https://gw.geneanet.org/albercentet_w?lang=fr&p=morinot&n=de+tourzel&oc=0&type=tree

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De  Armand I à Eustache (avant 1220-1343)

Armand Ier d’Alègre (Baron d’Allègre), né vers 1180, décède le 18 septembre 1222, à l’âge de  42 ans.
La filiation suivie des d’Alègre s’établit depuis Armand Ier qui, déjà, se distingua au combat, aux côtés de Louis VII Le Lion dans de glorieux faits d’armes. Il se maria avec Alaïs et eut 6 enfants : Armand II, Philippe, Marguerite, Elisabeth, Savine, et Pons.

Armand II d’Alègre, (Chevalier Seigneur d’Alègre et Chomelix le Haut, Saint Just et de plusieurs autres ténéments proches d’Allègre), né en 1210, décédé en 1263, à l’âge de 53 ans. Il participa avec le roi Saint Louis à de nombreux arbitrages de conflits.
En 1233 Armand II, baron d’Allègre traite avec le vicomte de Polignac pour mettre fin à une lutte de plusieurs années au sujet des lieux de Duminhac, des lgnes, de St-Geneys etc… (sic).
En 1245 avec ses vassaux et ses tenanciers, il guerroie contre Pons de Chapteuil.
Il épousa Elisabeth de Chalencon avec laquelle il eut 7 filles et un seul fils : Hugues d’Alègre, Alazaïs, Amphélise, Agnès, Elisabeth, Catherine, Marguerite et Aëlis (Adèle) d’Alègre. Ses cinq dernières entrèrent dans les ordres religieux.
Pons d’Allègre, chanoine et son  frère Armand II, soutiennent une guerre assez longue contre Guy de Châteauneuf, doyen du chapitre.

Hugues d’Alègre, baron d’Alègre entre 1263 et 1285. Sous les règnes de Saint Louis puis de Philippe III Le Hardi.
Il succèdera à son père Armand II comme baron d’Alègre, seigneur de Chomelix le Haut, St Just, etc. Il est mentionné avec son Père dans la charte de coutumes accordée en 1263 aux habitants du château d’Alègre.
II épouse Gillète de Courcelles en 1250, celle-ci est la fille d’Amaury de Courcelles connétable d’Auvergne en 1238.
Ils eurent 2 filles et 5 fils : Agnès et Alix, Armand III, Eustache, Amaury, Pons, et Hugues III (Seigneur de Saint Just).

En 1285, Armand III d’Alègre prit la succession. Celui-ci fut sollicité par Philippe IV Le Bel pour se rendre à Arras en 1304 afin de prendre part à la guerre de Flandres. Il partit avec dix hommes d’armes (soit environ 10 chevaliers, 30 archers, dix écuyers et dix pages, c’est à dire une soixantaine d’hommes).
Il épousera tour à tour Marquèse de Peyre (avec laquelle il n’eut pas d’enfant) et  Jourdaine de Montlaur qui lui donna 4 filles : Isabeau, Gillète, Marguerite et Anne.

Vint ensuite, en 1310, Eustache d’Alègre qui  vit régner 4 rois de France : Louis X (Le Hutin), Philippe V (Le Long), puis Charles IV (Le Bel) et enfin  Philippe VI de Valois. Il obtint que ses domaines soient détachés du Velay et joints à l’Auvergne en 1321, faisant d’Alègre une baronnie d’Auvergne et non du Languedoc.
Eustache était le deuxième fils d’Hugues d’Alègre et de Gillète de Courcelles, il succéda à son frère aîné Armand III.
En 1308 il épouse Sybille de La Roue, dame d’Auzelles près de Cunlhat (63).
Ils auront 8 enfants : Armand IV, Pons, Louis, Odine, Agnès, Sibylle, Marguerite et Marie. Armand IV qui succédera à Eustache sera le dernier héritier de cette première maison des d’Alègre.
La baronnie d’Alègre comprenait les châtelleries de Chomelix le Haut, de Combret, des lgnes, de Saint-Just, et de Villeneuve.
En 1309, Eustache dut affronter le sénéchal de Beaucaire Miles de Noyer dans un long procès qui dura une douzaine d’années. Il y était question de fixer les limites de l’Auvergne et du Velay. En 1320 un arrêt du Parlement de Paris ordonne qu’à l’avenir la baronnie d’Allègre fera partie du bailliage d’Auvergne.
Dorénavat, le mandement de la baronnie d’Allègre  qui comprend « la ville d’Allègre et les paroisses de Chomelix et St Just, Céaux, la Chapelle Bertin, Félines, Monlet, Murs et St Pal de Murs, St Léger, Sembadel, Varennes St Honorat fera partie du bailliage d’Auvergne.
Le château fort d’Alègre avec les châteaux forts des vassaux du baron, formaient un système défensif important à la limite de l’Auvergne et du Velay.

Le dernier mais pas le moindre : Armand IV (1343-1361)

Fils d’Eustache et de Sybille de La Roue, Armand IV siégea de 1343 à 1361 et connut 3 rois de France : Philippe VI de Valois (fin de règne) et Jean Le Bon et Charles V Le Sage.
Armand IV fut le dernier représentant de la seigneurie de cette première famille d’Alègre, et l’un des plus célèbres.
Prenez un moment pour lire son histoire : Armand IV avait épousé Alix De Chalencon en 1345. Dans son Histoire manuscrite de la maison de Polignac, Chabron attribue à Armand IV et Alix, un fils unique, Eustache, et deux filles, Alix et Sybille. Cet autre Eustache serait mort avant son père d’où la disparition du nom …D’autres historiens prétendent qu’il aurait eu 8 enfants mais aucun ne lui aurait succédé.

Armand IV d’Alègre en guerre contre son beau frère Guillaume de Chalencon

Tout au long de son règne, il livra une guerre sans merci à la famille de sa femme, et plus particulièrement à Guillaume III de Chalencon, son beau-frère  et également à Guillaume de Chalencon, chanoine de Notre Dame du Puy qui était son oncle.

« En 1360 (un an avant sa mort) Armand d’Allègre, chevalier, escorté de ses gens et de ses complices, fit une incursion malveillante contre le château de Chomelix le Bas qui dépendait du seigneur de Chalencon. ll saisit et arrêta quelques uns de ses hommes. De son côté, poussé par un juste ressentiment, Guillaume de Chalencon réunit ses hommes d’armes au château de Chomelix. A cheval et à travers les terres d’Armand, il se dirigea avec eux vers le château d’Allègre, ayant bien l’intention de faire tout le mal possible à son ennemi.
Nous ne connaissons rien de leurs exploits jusqu’au vendredi avant la fête de St-Georges. Ce jour là, Guyot et Pierre de Crottes, Hugues Tronchet, Raymond seigneur de Ramat, Hugues d’Entraygues, Étienne de la Coste, Philippe de Coulont, Parpailhon de la Gourde, Armandon et Parpailhon de l’Herm, Pelat de Meyronne, Jacques du Prat, Jacques Barbier, Pierre Parme de Langeac et plusieurs autres hommes d’armes, au service des seigneurs de Chalencon et de Chomelix se trouvent réunis pour soutenir leurs droits et se venger des outrages que leur a infligés Armand d’Allègre. Sachant que ce dernier s’est rendu à La Chaise-Dieu pour affaires, ils s’embusquent au milieu des bois sur le bord du chemin qu’ils doit suivre a son retour, bien décidés à s’emparer coûte que coûte de sa personne.
Ses affaires terminées à La Chaise-Dieu, Armand d’Allègre regagne son château, accompagné de Jean de Veyre et d’Eustache de Duminhac, ses écuyers. A peine sont-ils parvenus près de l’endroit où sont postés les hommes d’armes du seigneur de Chalencon, que ceux-ci, qui ont l’avantage du nombre fondent sur eux à l’improviste. Ils blessent grièvement Eustache à l’épaule, laissent échapper Jean de Veyre, mais ils s’emparent d’Armand d’Allègre qu’ils retiennent prisonnier. Ils partagent ensuite les chevaux et les équipements des trois cavaliers. Maître de la personne de son beau frère, le seigneur de Chalencon l’emmène, alors, dans son château des bords de l’Ance et le promène, pendant huit mois, de forteresse en forteresse jusqu’à ce que le régent Charles donne l’ordre de le relâcher.« 
(Lettre de rémission délivrée à Guillaume de Chalencon par le Roi Jean Le Bon, de retour de captivité en Angleterre-Château du Louvre, février 1361).

Les Chalencon et Armand IV d’Alègre :  point de vue généalogique.

Le premier siège du chateau en 1361

Armand IV mourut au cours du siège de son château attaqué par Thomas de La Marche et/ou les routiers anglais (voir plus bas : qui étaient les assaillants  du château ?), en pleine guerre de cent ans. A la suite de ce siège, le château (dont les fortifications n’étaient pas vraiment infranchissables) ne fut pas détruit. Rappelons ici qu’il ne s’agissait pas du château dont on voit actuellement les ruines de la Potence. Celui-ci sera construit une vingtaine d’années plus tard à partir de 1385 et sera doté d’une triple enceinte.

Qui étaient les assaillants du château en 1361 ?

Les routiers anglais ?
Après le traité de Brétigny en 1360, les troupes congédiées par le roi d’Angleterre Édouard III, se débandent et opèrent pour leur compte. Ce sont les grandes compagnies, ou routiers qui envahissent alors le Velay dès 1361 et s’emparent de plusieurs villes et forteresses – Brioude – Saugues – Le Monastier – Montfaucon etc…
Une de ces bandes commandée par Seguin de Badefol s’installe alors à Varennes de Monlet (4 kms au nord d’Allègre) et, de là pille la région. C’est à ce moment là que furent incendiées et détruites les maisons fortes des lgnes, de Monlet, de Chardon, du Chier, etc. C’est en août 1361 que le château d’Allègre fut assiégé, mais non pris, que la ville fut saccagée, les faubourgs non encore fortifiés furent ravagés. Comme il a été dit plus haut, Armand IV d’Allègre fut tué au cours d’une sortie. Le camp de Varennes sera évacué vers 1364 mais Seguin de Badefol mettra à feu et à sang la région de St-Paulien, Sanssac, Grazac et les environs du Puy. A Brives, hommes et femmes et enfants sont massacrés.
En 1365 le vicomte de Polignac remporte sur les routiers une grande victoire près de Paulhaguet et les chasse du Velay pour quelque temps.

Thomas de La Marche ?
Mais, le siège d’Allègre était-il le fait des routiers Anglais ou le résultat de l’attaque d’un certain Thomas de La Marche?
Celui-ci, pour avoir fidèlement servi à la tête des compagnies bretonnes, le roi Jean et le dauphin Charles, reçut en gratification les châteaux de Nonette (63) et d’ Auzon (43). Mais ces demeures luxueuses lui furent bientôt retirées. Alors, en mars 1361, Thomas De La Marche se révolta et par la vallée de l’Allier, il remonta et jusqu’à Allègre qu’il rançonna et saccagea. C’est lui-même qui aurait tué Armand .
Alors, qui a porté cette violente attaque sur Allègre en 1361 ?
Les routiers Anglais selon Froissard et le Père Anselme.
Thomas de la Marche selon Chassaing et Marcelin Boudet (et wikipédia).
A moins que Thomas de La Marche ne soit un transfuge « passé aux Anglais » par opportunité.

Alix de Chalencon (1361-1364)

La veuve d’Armand IV, Alix de Chalencon, continua d’habiter le château de 1361 (date de la mort de son mari) jusqu’en 1364.

Un autre siège du château d’Allègre en 1365

Après les fâcheux évènements qui opposèrent Armand IV à la famille de sa femme (voir plus haut : Armand IV en guerre contre son beau frère Guillaume de Chalencon), on s’explique facilement que le seigneur d’Alègre, ayant perdu son fils unique Eustache, et n’ayant plus que ses deux filles, Alix et Sybille (d’après Chabron), ait tenu, avant de mourir, à déshériter la famille de sa femme. C’est ainsi qu’en 1361, il donna tous ses biens à un certain Bertrand De Saint Nectaire (ou seigneur de Senneterre). Il prit soin, toutefois de laisser à sa veuve (Alix de Chalencon) la jouissance du château d ́Allègre toute sa vie durant.les fâcheux évènements qui opposèrent Armand IV à la famille de sa femme (voir plus haut : Armand IV en guerre contre son beau frère Guillaume de Chalencon), on s’explique facilement que le seigneur d’alègre, n’ayant plus un seul de ses huit enfants en vie (d’après Chabro, ait tenu, avant de mourir, à déshériter la famille de sa femme . C’est ainsi qu’en 1361, il donna tous ses biens à un certain Bertrand De Saint Nectaire (ou seigneur de Senneterre). Il prit soin, toutefois de laisser à sa veuve (Alix de Chalencon) la jouissance du château d ́Allègre toute sa vie durant.
Un beau jour, Bertrand se saint nectaire (trouvant l’héritage un peu long à venir) s’introduit, par surprise dans le château et en chasse sa tante Alix de Chalencon, veuve d’Armand IV depuis 1361. Celle-ci implore le Duc de Berry qui envoie un de ses lieutenants et des troupes pour reprendre le château. Au bout de 6 mois, la place n’étant pas encore prise, le duc vient en personne diriger le siège et força Bertrand à capituler (1365). Il indemnisa Alix de Chalencon, mais garda tous les biens des d’Alègre.
« Résolu donc que fut le Seigneur de Senneterre d’entrer en possession du château et terre d’Alègre, il essaya d’ obtenir ce qu’il désirait trop passionnément par supplications et prières. Mais ayant eu pour toutes réponses de la Dame de Chalencon le vieux proverbe : « Qu’il fait mauvais se dépouiller avant que s’aller gésir. »
Un jour, feignant de visiter cette dame comme à son accoutumée et après avoir reçu dans ce château avec tout honneur et bonne chair, le Seigneur de Senneterre se saisit  non seulement d’iceluy mais encore en mis dehors ladite dame. »
“Le Seigneur de Senneterre se voioit saisi d’une forte place de laquelle il reconnoissoit bien ne point être mis dehors sans un fort et long siège d’une armée royale. Il prévoioit bien d’ailleurs que l’état présent des affaires du royaume ne permettoit pas au Roy assez occupé contre les Anglais de s’amuser et songer à luy. Il prévoioit bien aussi que cette dame n’emploieroit pas son plus proche parent, le puissant Seigneur de Chalencon, son neveu pour le ressentiment qu’elle avoit encore de l’affront fait au feu seigneur d’Alègre, son mari, qui avoit été pris et retenu prisonnier par ce neveu. »
En ce temps-là, Jean De France,  fils du roi Jean et frère de Charles V, avait été fait Duc de Berry et d’Auvergne. Alix de Chalencon fit appel à lui.
« Ce prince meu tant de l’indignité du fait qui l’obligeoit d’assister les dames veuves affligées.  Chatouillé d’ailleurs au profit qui luy étoit offert dépêcha dès lors une armée pour assiéger le château. Voyant que ses lieutenants avoient emploié inutilement six mois entiers au siège de cette place. Il y vint luy-même en personne, en l’année 1365. Il se fi assister de tous les seigneurs du païs, même di vicomte de Polignac, et enfin contraint le seigneur de Senneterre de lâcher sa proie »
(un comte qui se signala contre les Anglais). 

Jean II D’Armagnac (1365-1385)

Le château ayant été repris, sa garde fut confiée à Jean II D’Armagnac, beau-frère du Duc De Berry, qui occupa les lieux de 1365 jusqu’en 1385, date de la mort d’Alix de Chalencon.

Pour avoir une idée d’ensemble plus précise, consultez L’arbre généalogique des d’Alègre 

Pour explorer les arbres généalogiques des familles « d’Alègre » des « De TOURZEL » de façon très complète il est conseillé de se rendre sur geneanet.org :
Pour la première famille, les « d’ALÈGRE »
https://gw.geneanet.org/albercentet_w?lang=fr&p=armand+ier&n=d+alegre&pz=0&type=tree

Pour la famille « De TOURZEL » :
https://gw.geneanet.org/albercentet_w?lang=fr&p=morinot&n=de+tourzel&oc=0&type=tree

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La famille des Tourzel d’Alègre

Ecu de la maison de Tourzel : « de gueules à une tour d’argent ouverte et maçonnée de sable ».
Ecu porté par les seigneurs de Tourzel, jusqu’à Gabriel en 1526.

Arbres généalogiques des Tourzel

Généalogie de Morinot de Tourzel
Arbre ascendant et descendant sur 3 générations

Arbre généalogique descendant de Yves II de Tourzel
sur 4 générations

Arbre généalogique de Christophe II
sur 5 générations

Charles VII de valois dans l’arbre généalogique des de Tourzel

Pour explorer les arbres généalogiques des familles « d’Alègre » des « De TOURZEL » de façon très complète il est conseillé de se rendre sur geneanet.org :
Pour la première famille, les « d’ALÈGRE »
https://gw.geneanet.org/albercentet_w?lang=fr&p=armand+ier&n=d+alegre&pz=0&type=tree

Pour la famille « De TOURZEL » :
https://gw.geneanet.org/albercentet_w?lang=fr&p=morinot&n=de+tourzel&oc=0&type=tree

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Morinot de Tourzel (1385-1418), le bâtisseur

Morinot de Tourzel était né en 1352. En 1385, le Duc de Berry (fils du Roi Jean Le Bon) fit don de la baronnie d’Alègre à Morinot de Tourzel qui devint le premier seigneur de la 2ème famille d’Alègre.
Simple échanson du duc Jean de Berry, il devint écuyer en 1381, puis chambellan en 1383, conseiller en 1404 et enfin intendant général des finances du Duc. Comme on dirait aujourd’hui « il a gravi les échelons ». Mais l’historien Chabrol met un bémol à sa réputation : il le dit « des moins scrupuleux, retors et subtil, fort entendu aux affaires, chez qui l’intérêt prime tout, au point qu’il se serait enrichi à mériter dix fois la corde« .

Toutefois c’est bien lui qui entreprit la construction du nouveau château d’Allègre en 1385 qu’il renforça considérablement en construisant trois enceintes. Son fils Yves Ier, continua le travail en dotant le château de sa caractéristique frise de mâchicoulis tréflés. La forteresse, avec ses 23 tours, fut l’une des plus belles et des plus considérables de la région.

Informations sur le château d’Allègre
Morinot va devenir en peu de temps l’un des plus puissants seigneurs d’Auvergne, possédant outre celui d’Allègre plusieurs châteaux, droits et titres divers. Il devint même conseiller du « Grand Conseil du Roi » (Charles VI).

Il épouse en novembre 1387 une riche héritière, Smaragde (Marguerite) de Vichy avec laquelle il aura 3 enfants : Antoinette, Pierre de Tourzel(tué le 25 octobre 1415 à Azincourt) et Yves I qui lui succédera.

Le château de Busset près de Vichy (Smaragade était dame de Busset)

Il décède peu après avoir écrit son testament (10 octobre 1418). Il voulut être enterré dans la chapelle qu’il avait faite construire à Clermont Ferrand, proche de son hôtel juste à côté de la cathédrale. Son fils Pierre sera lui aussi inhumé dans cette chapelle.

Arbre généalogique des Tourzel

Yves I de Tourzel (1418-1442), reçut Charles VII

Fils aîné de Morinot de Tourzel, né en 1400, il succéda à son père en 1418. Il était baron d’Allègre mais également de Saint-Just (Bellevue), Chomelix-le-Haut, Baffie, Viverols, co-seigneur de Saint-Quentin-sur-Loire. Le 28 août 1428, Yves Ier épousa Marguerite d’Apchier.
C’est lui qui fit terminer la construction du château d’Allègre.

Le 9 janvier 1425, Yves I reçoit le roi Charles VII et la reine Marie d’Anjou au château d’Allègre.

Charles VII

Visite du roi Charles VII : « L’an MCCCCXXV de décembre, vint ledit roi Charles au Puy, et y mena la reyne sa compagne, et y furent  reçus honorablement par messire Guillaume de Chalencon, évesque du Puy et alla loger le Roy au château d’Espaly avec la reine et son train… jusques au tiers jours de janvier visitant souventes fois Nostre dame…. Puis partit le Roy et alla coucher à Allègre ».
(Du chroniqueur Etienne de Médicis).
A cette date se tenaient à Espaly les Etats Généraux du Languedoc. Après leur visite à Allègre, le roi Charles VII et la reine Marie d’Anjou repartirent à Toulouse.

A savoir : lors de sa visite à Allègre, Charles VII ne savait évidemment pas que son arrière petite fille  Marie d’Estouteville épouserait Gabriel de Tourzel le 26 avril 1513. On peut donc dire que dans la généalogie des De Tourzel se trouve le roi de France Charles VII de Valois. Voir la partie de l’arbre généalogique qui prouve cette allégation.

Origine des 8 hôtels particuliers

En 1435, Yves Ier accorda le droit à huit familles nobles du pays de bâtir huit hôtels particuliers ou maisons fortes dans l’enceinte du château. La construction des bâtiments fut assez rapidement entreprise car il était prudent à cette époque troublée d’être protégé par des fortifications. Ces huit hôtels sont : L’hôtel d’Artasse, l’hôtel de Bar, l’hôtel de la Clède, l’hôtel de Saillans (ensuite Mozac), l’hôtel des Guérins de Pouzols, l’hôtel du Chier et l’hôtel de Chardon. Les huit hôtels particuliers ont gardé le nom d’origine des familles.

Certains historiens prétendent que ce baron avait un esprit procédurier, trait de caractère commun à tous les Tourzel.
Yves I participa à la guerre de cent ans dans les armées de Charles VII, en Gascogne. Il fut blessé devant Dax à la bataille de Tartas et mourut peu après, le 4 juin 1442.

Jacques de Tourzel (1442-1490)

Né en 1429, c’est en 1442 que Jacques de Tourzel, fils d’Yves Ier, succède à son père. Il est titré dans les actes : Chevalier, baron d’Alègre, Meilhaud, Viverols, Baffie et du Livradois, de Chomelys-le-Haut, de Saint-Just, seigneur de Saint-Quentin (en Velay). Il est aussi conseiller et chambellan du roi.
Sa carrière militaire fut remarquable. Le Roi Louis XI, en 1470, le désigne « pour prendre et choisir 95 lances à conduire à l’armée de Catalogne, à savoir 15 lances de sa compagnie et 80 pour la compagnie du Comte Dauphin D’auvergne et du Comte de Boulogne « .
La lance, dite  » lance garnie « , était un peloton d’élite comprenant : 1 homme d’armes, armé de toutes pièces, un coutilier, un page, un valet, des archers, en sorte qu’une lance était parfois composée de 10 cavaliers, sans compter les gens de pied. 15 lances pouvaient représenter plus de 150 combattants.  95 lances représentaient un corps de plus de 1000 hommes.
Malgré ses obligations militaires, Jacques ne néglige pas pour autant l’administration de ses domaines, il continue la fortification  d’Alègre, il y développe le commerce en créant une foire et des marchés importants.
En 1485, il confirme les privilèges accordés par son père 50 ans auparavant à huit familles. (En savoir davantage).
A partir de cette date il permit à d’autres habitants, de venir s’abriter dans la première enceinte du château en y construisant leur demeure.

Dans la région il fait régner sa loi et impose une ordonnance

« Les pauvres gens qui fréquentent les foires et les marchés sont souvent trompés et déçus par les paysans portant des denrées gâtées ou fraudées, telles que : « œufs pourris et couvés, lait écrémé et mouillé, beurre renfermant navets ou pierres… »
Ces paroles sont empruntées à une supplication que les consuls, bourgeois, manants et habitants de la ville d’Ambert présentèrent en 1481 à messire Jacques de Tourzel, seigneur d’Allègre, de Viverois, de Rios et du pays du Livradois, de Saint-Just, de Chomelys et autres terres. Les quatre consuls en charge exposaient à Jacques de Tourzel« cautèles et larcins » qui se commettaient et se perpétraient dans leur ville : « Sans cesse, il y a complaintes, procès et différends ; tumultes, noises et débacts y sont mus, sur et à l’occasion desdits faits, bourgeois et paysans se chamaillant et se pelaudant les uns et les autres ». Ils concluaient en le suppliant de mettre fin par d’énergiques mesures à une situation aussi intolérable. 
Jacques de Tourzel n’hésita pas : voulant à toute force « faire quitter de tant fâcheuses, laides et abominables pratiques et punir aigrement du monde si grand délinquant », il « voulut et ordonna » que dans les trois cas ci-dessous énumérés, telles punitions soient appliquées.

Ordonnance de Jacques de Tourzel, Baron D’Allègre Chambellan et Conseiller du roi Louis XI (1481)
« A tout homme ou femme qui aura vendu lait mouillé, soit mis un entonnoir dedans sa gorge, et le dit lait mouillé entonné, jusque à tant qu’un médecin ou barbier dise qu’il n’en peut, sans danger de mort, avaler davantage.
Tout homme ou femme qui aura vendu beurre contenant navet, pierre ou autre telle chose, sera saisi et bien curieusement attaché au pilori. Puis sera le dit beurre rudement posé sur sa tête et laissé là tant que le soleil ne l’aura entièrement fait fondre. Pourront les chiens le venir lécher et le menu peuple l’outrager par telles épithètes diffamatoires qu’il lui plaira (sans offense de Dieu, du Roi, ne d’autre). Et si le temps ne s’y prête et n’est le soleil assez chaud, sera le dit délinquant en telle manière exposé, dans la grande salle, devant un beau, gros et grand feu, ou tout un chacun pourra venir le voir.
Tout homme ou femme qui aura vendu œufs pourris ou gâtés sera pris au corps et exposé au pilori. Seront les dits œufs abandonnés aux petits enfants qui, par manière de passe temps joyeux, s’ébattront à les lui lancer sur le visage ou dessus ses habillements, pour faire rire le monde. »
« Le Journal des débats », repris par – Paris médical »

Jacques d’Alègre se maria en première noce à Gabrielle d’Astic en 1454. Elle lui donna 5 enfants. L’aîné, Yves II dit  » Le Grand « , baron d’Alègre restera sans doute le plus marquant de sa maison. C’est lui qui va succéder à son père en 1490.
Il décédé le 2 septembre 1490, à l’âge de 61 ans.

Yves II dit « Le Grand » (1490-1512)

Fils aîné de Jacques, baron d’Allègre, il naquit à Allègre vers 1452. Baron d’Allègre, Saint-Just, Chomelix, Viverols, du Livradois, de Pouzzoles et Formigère (en Lombardie). Personnage d’un force remarquable et d’une taille imposante il fut surnommé « Yves le Grand ». Malgré sa stature il était doté d’un caractère doux et affable ce qui lui valut des amitiés précieuses, comme celle du célèbre chevalier BAYARD (voir plus loin).
« On sent dans le regard de ces gros yeux durs et pleins d’éclats cette audace et surtout cette opiniâtreté qui sera le seul défaut qu’on ait pu reprocher au lieutenant général des armées de Charles VIII et Louis XII ».
Yves II, fut aussi lieutenant général des armées de Charles VIll et de Louis XIl il est le personnage le plus marquant de la famille des Tourzel. Ses faits d’armes font de lui un des guerriers les plus connus de son époque.
… »Et afin – dit Chabron- qu’il gardat la place qu’il avoit gagnée par sa vaillance il résistoit apprement, les ennemis maintenant, se reculant un peu quand on les pressoit trop et d’autres fois après avoir rassemblé ses puissances et ralié son effort repoussant au loing ses poursuivants, étant à la preimère pointe et faisant chevaleureuses preuves de son corps, combattant luy-même et exhortant ses gens ».

Yves II et jeanne de Chabannes eurent quatre fils qui tous se signalèrent, avec leur père, dans les guerres d’Italie.
Jacques d’Allègre, seigneur de Viverols, tué le 12 avril 1512 (jour de Pâques) à la bataille de Ravenne (peu avant son père).
Gabriel, qui lui succédera.
Christophe d’Allègre, seigneur de Viverols et de Beauvoir.
Jean d’Allègre fut le quatrième fils, baron de Meilhau, seigneur de saint Diéry (tué à Ferrare en 1511)
François, bâtard d’Yves II naquit à Naples avant 1512.

Les guerres d’Italie

Yves II participa pendant plus de quinze ans à toutes les campagnes d’Italie sous Charles VIII et de Louis XIl souvent en compagnie de son frère François (grand maître des eaux et forêts de France) et de ses 4 fils.
 Il fut d’abord de l’expédition qui permit au roi de France de s’emparer du royaume de Naples. Ses soldats firent même la capture d’une suite de dames de haute noblesse parmi lesquelles la belle Julia Farnèse qui était « le cœur et les yeux du Saint-Père ». A cette occasion, le baron d’Allègre fit preuve de son esprit chevaleresque habituel. Mais la capture était trop belle et, sur ordre du roi de France, une rançon de 3000 livres fut exigée pour leur libération, ce qui fut fait.

Yves d’Alègre participa ensuite à la campagne dans le Milanais, puis aux combats contre les Espagnols et l’armée du pape Jules II qui assiégeaient la ville de Bologne. Le baron d’Allègre s’y illustra encore :  » battue par une grosse artillerie, la ville était en grand danger d’être prise. Les murailles étaient renversées. La tour de la porte d’entrée arborait une enseigne espagnole : la situation pour l’armée française semblait désespérée. C’est alors que YVES II accourut pointa lui-même un canon y mit le feu et renversa, morts ou blessés, les assaillants dans les fossés. Cet acte de courage ranima les ardeurs des soldats français et ils se rendirent maître de la situation. »

La mort d’Yves II

La bataille de Ravenne le 11 avril 1512

« La mêlée s’engagea avec une vigueur extrême dans la plaine étroite du Ronco. Les gens d’armes italiens tinrent peu de temps contre les gens d’armes français. Quant aux fantassins espagnols, qui se battaient corps à corps avec des sabres très courts contre les aventuriers français et les lansquenets armés de longues piques, ils eurent d’abord le dessus et disputèrent le succès ; mais des charges répétées de gendarmerie, sous les ordres d’Yves d’Alègre, parvinrent à les rompre et à les faire reculer. »

Le soir de la bataille de Ravenne (11 avril 1512)

Yves II se retirait après avoir vaillamment contribué à la victoire aux côtés de Bayard et de Gaston de Foix. On lui apprend alors que son fils aîné, jeune capitaine, vient de tomber mortellement blessé dans une embuscade. Fou de douleur à l’annonce de cette nouvelle qui lui remémore le souvenir d’un autre fils tué l’année précédente, il revient au combat et se bat avec rage. Blessé sérieusement il refuse d’en tenir compte et charge une nouvelle fois. Enfin désarçonné, il tombe percé de coups mortels, ayant, comme écrit pittoresquement Brantôme « cherché son cimetière fort honorablement ».
Sa dépouille mortelle fut ramenée par les rares survivants de ses hommes d’armes, dont le Seigneur de Pinet, Beraud Boutaud qui l’avait accompagné dans toutes les expéditions d’Italie. Il fut enterré dans la chapelle Saint-Yves située dans la deuxième enceinte du château d’Allègre.

Cette dalle tombale finement ciselée est en très bon état. Ce sont les fils d’Yves II qui l’ont faîte sculpter. Elle a été visible de nombreuses années en la chapelle Saint Yves du château. Par chance elle a échappé aux pillages très fréquents sous la révolution, surtout dans lieux de culte. Le plus incroyable est qu’elle a failli finir en marche d’escaliers (voir les explications ci-dessous).

Actuellement c’est au château de Cordès près d’Orcival (Puy de Dôme) que l’on peut l’admirer. C’est un des rares vestiges quasiment intacts qui donne une idée de la grandeur de ce que fut Allègre à l’époque de la Renaissance.

Voici ce qui est gravé autour de la plaque tombale :

MESSIRE YVES JADIS SEIGNEVR D ALEGRE SOVBS CE TVMBEAV CY FAICT SA RESIDANCE.
EN SON VIVAT DE DIEU DE CVEVR ALEGRE FVT SERVITEVR ET DES BONS ROY DE FRANCE TESMOIGN ITALIE NAPPLES ET LOMBARDIE.
DIEV A SON AME DOIT ETERNELLE VIE
MDXll  Xll JOR D AVR SUIT SON PRINCE IL TREPASSA EN LA BATAILLE DE RAVENE

Traduction : « Messire Yves jadis seigneur d’Allègre
Sous ce tombeau en fait sa résidence,
En son vivant de Dieu, de coeur allègre
Fut serviteur et des bons Rois de France.
Témoins : Italie, Naples et Lombardie.
Dieu à son âme, doit éternelle vie !
1512 11ème jour d’avril
Suivant son Prince, il trépassa en la bataille de Ravenne. »

Pourquoi ce mausolée en marbre blanc n’est-il pas resté à Allègre ? Voici l’explication de Georges Paul :

On aurait pu faire une reformulation du texte ci-dessous mais il est important de rappeller que des personnes se sont intéressées de belle manière, dans un style remarquable, à l’histoire de notre village.

C’est le 5 août I946 que, procédant à des travaux de restauration au château de Cordès, l’architecte en chef des monuments historiques, M. Jean Creuzot, fut intrigué par une dalle en marbre de 2,22 mètres de long sur O,88 de large, formant marche devant l’autel Renaissance de la Chapelle et dont la rive, comportant une moulure en doucine, fait anormal pour une marche, attira son attention. Il ordonna la dépose de la dalle et découvrit ; en la retournant, un gisant sculpté en relief, provenant d’un tombeau du XVIème siècle, le tout en parfait état et d’une exécution remarquable.
Le personnage était un guerrier que l’inscription, dans la bordure de la dalle, permit sans peine d’identifier. Il s’agissait d’Yves II d’Allègre, capitaine bien connu des rois Charles VIII et Louis XII en Italie, tué en 1512 à la bataille de Ravenne, après en avoir assuré la victoire. Celui ci, revêtu de son armure avec cotte de mailles, a la tête coiffée d’une toque reposant sur deux coussins superposés. Il a les yeux clos, tandis que les mains, gantées de fer, sont croisées sur un fanion parsemé de sortes de fleurons (sortes de feuilles ou de pommes de pin – Du côté gauche, son épée autour de laquelle s’enroule une palm, à droite, en bas, son casque, et, au-dessus, un marteau d’armes, signe de commandement. Au haut de la dalle, présentant une épaisseur de 85 mm, plus 50 mm de saillie de la masse sculptée, se voient d’un côté les armes des Tourzel d’Allègre, de l’autre celles partie de Tourzel et de Chabannes, la femme du défunt étant Jeanne de Chabannes, sœur du maréchal de la Palice. L’inscription gravée sur la bordure de la dalle est exactement conforme à celle rapportée par Chabron dans son Histoire manuscrite de la maison de Polignac. « MESSIRE YVES JADIS SEIGNEUR D’ALEGRE, SOUBS CE TUMBEAU CY FAIT SA RESIDENCE , EN SON VIVANT DE DIEU DE CUEUR ALLEGRE , FUT SERVITEUR ET DES BONS ROIS DE FRANCE  TESMOING : ITALIE , NAPLBÄES ET LOMBARDIE , DIEU A SON EME DOINT ETERNELLE VIE  MDXII – XIE JOR D’AVRIL SUIVANT SON PRINCE , IL TREPASSA EN LA BATAILLE DE RAVENE »

Il s’agit donc bien du même gisant de « beau marbre blanc » qui se trouvait autrefois dans la chapelle seigneuriale Saint Yves du château d’Allègre, tombeau décrit par Chabron qui avait vu maintes fois l’effigie d’Yves II « tirée au naturel tout de son long » et accompagnée de « plusieurs Cornets », guidons (petit étendard que portait le guerrier, il servait à guider les troupes) et enseignes de ce seigneur et d’autres qu’avaient gagnés sur l’ennemy ».

Le doute n’est pas permis. Reste à savoir comment et par qui ce gisant fut transporté dans la chapelle du château de Cordès ?

On pourrait croire que le maréchal d’Allègre, après l’incendie de son château entièrement détruit en I698, restaurant peu après celui de Cordès, ait eu l’idée d’y transporter certains objets existant ou mis à l’abri, lors du Sinistre, dans la chapelle Saint-Yves, laquelle se trouvait, dans la seconde enceinte du château d’Allègre, presque en face des ruines actuelles. Il n’en est rien comme nous allons le voir. On s’expliquerait, d’ailleurs, difficilement, qu’ayant transféré à Cordès le mausolée de son illustre aïeul, il ait laissé à Allègre le cercueil d’Yves II et qu’il ait fait surtout si peu de cas du gisant, allant jusqu’à le transformer en marche d’autel.
Du reste, si l’on s’en rapporte au « journal de voyage » de Dom Jacques Boyer, lors du passage du savant religieux à Allègre, le 5 mai I7I2, le tombeau se trouve bien encore à cette date dans la chapelle. « Outre la paroisse, il y a dans la place d’Allègre un oratoire dédié à Notre-Dame… Il y a une fort belle chapelle dans le château … Il y a un mausolée de marbre, un bénitier de même qui est transparent, et une Notre-Dame de Pitié de marbre avec ce vers : « Virgo, per has lachrymas, Alacrum deffendito stirpem ».
Nous retrouvons, sans exception, tous ces objets à Cordès et voici, à mon sens, l’explication de l’énigme. A la mort d’Yves V de Tourzel, la maréchale de Maillebois, sa fille, hérita, en I756, de la terre et du marquisat d’Allègre. Elle aimait à s’y rendre pendant la belle saison et y fit de longs et fréquents séjours, notamment de I745 à I755. A cet effet, elle s’était fait édifier, au pied des ruines de l’ancien château, une sorte de construction bourgeoise, assez ordinaire, décorée à l’intérieur de fresques « formant un damier au moyen de deux bandes noires et rouges de 20 cm de largeur se coupant alternativement et à égale distance sur un fond blanc » . Des fenêtres de cette modeste habitation , détruite vers I850, la marquise se plaisait, paraît-il, à admirer longuement le paysage, si bien qu’un jour, pour jouir plus complètement des frondaisons du Bois de Bar qui avaient ses prédilections, elle aurait eu l’idée de faire raser la chapelle Saint-Yves, alors en mauvais état, et qui les lui cachait …

Auprès de la maréchale, bailli du marquisat et ayant succédé dans cette charge à François Grangier , son père, se trouvait Pierre Grangier, originaire d’Allègre, avocat en parlement à la sénéchaussée d’Auvergne, seigneur de Védière, le même qui acquit des filles de la duchesse d’Harcourt, en 1755, le château de Cordès.
C’est peu après cette date, vers I769 que « des réparations y ayant été faites inutilement et péchant par les fondements » (délibération de la confrérie des Pénitents d’Allègre du 5 avril I769). Le budget de la confrérie ne lui permettant pas de la reconstruire, ils durent l’abandonner et émigrèrent alors dans la chapelle de Notre-Dame de l’Oratoire), disparaît la chapelle Saint-Yves. Pierre Grangier dut facilement alors en obtenir les principaux ornements, non de la marquise d’Allègre, morte le 2 avril I756, mais de son fils, le comte de Maillebois, qui vendit la terre et marquisat d’Allègre, le 8 octobre I766, à Messire Claude Douet (Dans la prise de possession de ces biens, on remarque qu’il n’est question nulle part de la chapelle Saint-Yves). Car nous retrouvons dans la chapelle du château de Cordès, et l’autel Renaissance de la chapelle Saint-Yves, et la Pieta de marbre blanc et les deux statues de Saint-Laurent et de Saint-Yves avec leurs légendes : Divus Lauretius et Divus Yvo , et le fameux bénitier en « marbre transparent ». Celui-ci, transformé en vasque, sert d’ornement à l’une des fameuses charmilles. Vaste conque circulaire de 90 cm environ de diamètre supporté par une colonne de marbre blanc, il est orné de huit têtes d’anges. 
Le gisant d’Yves II de Tourzel fit partie du même lot et l’on s’explique mal que son nouveau possesseur ne l’ait pas mis d’avantage en évidence. Peut-être craignait-il qu’on lui reprochât de n’avoir pas respecté le mausolée et la sépulture du célèbre guerrier qui, d’après Brantôme, « avait cherché son cimetière fort honorablement à Ravenne » et dont le cercueil en plomb fut violé pendant la Révolution. A l’emplacement où il se trouvait avec d’autres, furent découverts, il y a une soixantaine d’années, (vers 1890 – NDLR) des ossements de grande dimension.
Sans doute devons-nous à ce transfert dans une région voisine de la nôtre, la conservation d’un document archéologique de première valeur. Il est toutefois regrettable que nous n’ayons pu le garder à Allègre, car c’est une fort belle pièce, moins belle évidemment que la statue funéraire de Gaston de Foix (compagnon d’armes d’Yves d’Allègre et tué comme lui à Ravenne), par La Bambaja, mais qui, avec le portrait de la galerie du Château de Beauregard, près de Blois, perpétue le souvenir de l’ami et du compagnon d’armes de Louis d’Ars et de Bayard, de celui qui fut toujours traité en supérieur par ce dernier, et qui, au dire de d’Auvigny, adoré de ses troupes, fut l’un des grands capitaines de son temps« .
Georges Paul – I950

D’autres objets ayant appartenu à la Chapelle Saint Yves d’Allègre :

Ces objets sont maintenant au château de Cordès, près d’Orcival, dans le Puy de Dôme.
Arbre généalogique des Tourzel

Gabriel de Tourzel, (1512-1539) accueillit François Ier

Né un peu avant 1495, le second fils d’Yves II, « Gabriel de Tourzel » devient à son tour baron d’Alègre en 1512. Mais aussi baron de Meilhau, Tourzel, Saint-Diéry, Chomelix le haut, Saint Just, comte du tremblay, sieur d’Oisery, Prussel, Marissy, Mésy sur la mer, Blainville, etc…
Dès 1506, il participe aux campagnes d’Italie. Il avait les faveurs du roi François Ier qui reconnaissait en lui un valeureux capitaine et un preux guerrier.
En 1525, il obtint du roi François Ier l’autorisation d’ajouter 6 fleurs de lys au blason des Tourzel.

« De gueules, à une tour d’argent, crénelée de cinq pièces, ajourée et maçonnée de sable, accostée de six fleurs-de-lis d’or en deux pals. »

Ce privilège était accordé aux Tourzel pour services rendus aux rois Louis XII puis François Ier dans les différentes campagnes d’Italie.
C’est le baron Gabriel d’Allègre qui recueillit les dernières paroles du célèbre chevalier Bayard, face à l’ennemi au pied d’un chêne, selon ses recommandations, en 1524.
Gabriel de Tourzel, puissant seigneur d’Auvergne devint par alliance un personnage important en Normandie. Il épousa le 26 avril 1513, Marie d’Estouteville, dame de Blainville, Mézy…. l’une des plus riches héritières de Normandie.

Marie d’Estouteville, épouse de Gabriel de Tourzel apporte le château de Bainville à la famille

Le roi François Ier couche à Allègre le 17 Juillet 1533

Le roi se rendait à Marseille, afin de conclure le mariage de Catherine de Médicis, nièce du pape, avec son second fils, le futur Henri II. Arrivé à Lyon le roi se détourna de sa route, tenant  à accomplir (sept ans après) le vœu qu’il avait fait du fond de sa prison de Madrid.
Il avait promis de se rendre en pèlerinage à Notre-Dame du Puy s’il arrivait à surmonter les dures épreuves qui lui étaient imposées en Espagne alors qu’il était prisonnier à Madrid en 1525 et 1526 après la défaite de Pavie en 1525.

François Ier, le roi de la Renaissance

« L’an MDXXXIII et le jeudi XVIl julhet, le Roy coucha à ALLÈGRE et le lendemain vendredi XVIII du dit mois, vint dyner au chasteau de Polignac et, environ 4 h après-midi arriva au PUY. »
(Etienne de Médicis, Chroniqueur ponot)
Le roi était accompagné d’une imposante suite de ducs, comtes, vicomtes, seigneurs, officiers, écuyers, pages, serviteurs qui donnent une idée de la capacité d’accueil du château à l’époque. Il avait avec lui ses faucons et ses chiens et préférait les haltes dans les châteaux plutôt que dans les villes.
François Ier coucha dans la chambre d’honneur du premier étage, décorée de panneaux de cuir de Cordoue, de tableaux de valeur rapportés d’Italie et de moult autres décorations.
Les deux fenêtres s’ouvraient vers le sud et la vue s’étendait jusqu’à la  chaîne du Mézenc. Cette chambre prit alors le nom de chambre du roi et on la montra longtemps avec fierté.
Le lendemain, le 18 juillet, le roi et sa suite continuèrent leur périple en direction du Puy.

Gabriel de Tourzel meurt vers 1539. Il laissait 5 fils qu’il avait eus de Marie d’Estouteville (Dame de Blainville) : François, Gilbert, Yves III, Christophe et Antoine. C’est François, puis Gilbert qui succèdent à Leur père Gabriel et seront barons d’Allègre mais le 3ème fils de Gabriel, Yves III,  prendra leur suite et deviendra marquis d’Allègre.

Un roi de France (Charles VII) sur l’arbre généalogique des Tourzel D’Alègre

Marie d’Estouteville épouse Gabriel de Tourzel le 26 avril 1513. La mère de Marie d’Estouteville, Gilette de Coetivy († 1510) avait pour parents Olivier de Coetivy († 1420) et Marie de Valois († 1473).
Marie de Valois était la fille de Charles VII et d’Agnès Sorel.

Voir la partie de l’arbre généalogique qui confirme ces dires.

François (1539-1543), baron d’Allègre

C’est François, l’aîné des 5 garçons qui succède à son père Gabriel et devient baron d’Allègre en 1539.
Baron d’Allègre mais aussi seigneur de Meilhau, Saint André en la Marche, Oisery et de Blainville.
Né en 1515, il se marie avec Madeleine de Montmajour le 6 avril 1542. Il est tué en 1543 lors du siège de Binche (en Belgique).

Gilbert (1543-1551), le dernier baron d’Allègre

A la mort de son frère François, c’est Gilbert, le deuxième fils de Gabriel et de Marie d’Estouteville qui lui succède.
Né en 1521, Il sera le dernier baron d’Allègre. Il décède en 1551 sans laisser de descendance et c’est son frère Yves III, le troisième fils de Gabriel et de Marie qui lui succédera.

Yves III (1551-1577), le premier marquis d’Allègre

Portrait d’Yves III

Yves III était né  le 19 novembre 1523, 3ème fils de Gabriel et de Marie  d’Estouteville il devient baron d’Allègre en 1551, succédant à son frère Gilbert. Il est aussi titré  « baron de Blainville (Normandie), vicomte de Mézy (calvados) baron de saint André en la Marche (Eure) ».
Petit rappel, frères et sœurs :
François de Tourzel, Baron d’Allègre (1515-1543)
Gilbert de Tourzel, Baron d’Allègre (1521-1551)
Christophe Ier de Tourzel, (1525-1580), père du futur Christophe II. Il s’est lui-même donné le titre de marquis d’Allègre à la mort de son frère Yves III.
Antoine de Tourzel, Seigneur de Meilhaud  (1530-1573), son fils Yves sera le futur Yves IV de Tourzel.

Voir l’arbre généalogique d’Yves II de Tourzel

Il se marie le 26 septembre 1551 avec Jacqueline d’Aumont fille de Pierre d’Aumont et de Françoise de Sully. Il n’en n’aura pas d’enfant et vivra séparé d’elle.

Jacqueline d’Aumont

Yves III se distingua d’abord depuis son château de Blainville en Normandie dont il était baron par héritage de son père. Il participa activement aux côtés du Duc de Guise à la prise de Rouen qui était aux mains des huguenots (protestants).
En 1558 il acquiert, moyennant 3 000 livres la charge de sénéchal du Puy que vient de créer Henri Il.
En 1560 il devient Gentilhomme Ordinaire de la Chambre du Roi.
Dès 1562, il lutte contre les protestants en Normandie.
Date importante : 1563, il est ambassadeur extraordinaire auprès du Pape.
Il est fait Chevalier de l’Ordre du Roi, Capitaine de 50 hommes de ses ordonnances en 1566.

Yves III marquis d’Allègre

15  Mars 1576 : pour services rendus au royaume par les barons d’Allègre, le roi Henri III érigea la baronnie d’Allègre en marquisat.

Yves III contre les protestants à  Issoire

En 1577, le roi ordonna une expédition contre la ville d’Issoire qui était une place de sûreté depuis le traité de Beaulieu. Depuis son château de Meilhaud, proche d’Issoire, le marquis d’Allègre donna de nombreux renseignements aux ducs d’Anjou, de Nevers et de Guise chargés par le roi de chasser les huguenots de la ville. Il participa activement à la bataille. Il commandait l’artillerie et fut grièvement blessé à la cuisse par un tir d’arquebuse..

Yves III proposé en otage des protestants

Le prince de Condé qui avait déjà demandé la liberté de conscience en France et la réhabilitation des victimes de la Saint Barthélémy depuis l’Allemagne, entra avec son armée en France. Faisant moult ravages pillages et autres actes de barbarie sur son passage, l’armée de Condé se dirigeait sur Paris quand le roi Henri III et la reine-mère lui proposèrent de traiter : sept millions de livres pour évacuer la France ! On ne put en réunir que mille deux cent que les allemands acceptèrent, mais avec des garanties en plus. Parmi ces garanties, il y avait cinq otages : l’un d’eux fut le baron d’Allègre. Mais, effrayé à l’idée de subir la condition de prisonnier dans « le triste et sauvage pays d’Allemagne, à la merci d’un peuple aussi barbare que celui de Germanie », YVES III, d’un âge avancé, malade, habitué à la vie somptueuse de la cour de France, proposa d’envoyer comme otage à sa place son neveu, le futur Yves IV. Yves III n’avait pas eu d’enfants et il avait fait de son neveu son héritier. C’est ainsi que, à 17 ans, Yves IV le futur marquis d’Allègre vécut quatre ans d’une dure captivité en Allemagne au château d’Heidelberg.

Histoire de famille et réglements de comptes : les Tourzel et les Duprat (premier épisode)

Les héritages très importants étaient souvent sources de conflits interminables qui se réglaient souvent devant des tribunaux mais parfois aussi par des duels, des assassinats.
Ainsi, les familles Duprat et Tourzel, rapprochées par le mariage, se livrèrent une sanglante bataille. En 1565, les Duprat attaquèrent, à Paris, Yves III qui porta plainte. Peu de temps après, Antoine d’Allègre seigneur de Saint-Just et de Meilhaud, frère de Yves III croyant à un guet-apens, tua, toujours à Paris, son cousin François Duprat.
« Meilhaud lui porta de son épée dégainée un coup sur la tête, un autre au travers du corps et l’abattit aux pieds des deux femmes. Puis, comme le malheureux, relevé par les siens, avait encore la force, appuyé sur eux de traverser la rue et de se traîner jusque chez un barbier-chirurgien dont le logis était en face, l’un des compagnons d’Antoine d’Allègre fit un retour offensif et lui asséna un dernier coup d’épée qui l’acheva. »
Antoine d’Allègre fut emprisonné à la Conciergerie aussitôt après le meurtre (début juin 1565). Par lettres de rémission (juin 1565) du roi de France, il obtint sa libération. Il dût s’engager à servir pendant six ans le roi et à verser dix mille livres à la famille Duprat.
Cette sentence bénigne ne pouvait qu’appeler une vengeance de la part des Duprat. Guillaume Duprat s’en chargea quelques années après, à Paris.
« Ayant laissé venir sa barbe fort longue, il se promenait par la ville, en habit d’avocat, ne cessant d’épier le seigneur de Meilhaud depuis l’hôtel d’Hercule où il logeait. 
Un jour que ce dernier revenait du Louvre, il eut la fâcheuse idée de s’arrêter juste en face l’hôtel d’Hercule et, se tournant contre le mur, il voulut satisfaire un besoin naturel. Duprat accourut et le poignarda dans le dos. »
Mais, la terrible guerre que se livrèrent les Tourzel et les Duprat n’était pas terminée !

Yves III n’avait pas eu d’enfants, ce qui provoqua une furieuse course à la succession  parmi tous les prétendants. Il avait fait de son neveu, Yves IV, son héritier cela se passait le 17 mai 1576, le même jour qu’il devait le remplacer comme otage à Heidelberg. Le deal devait être : tu prends ma place d’otage, en contre partie je te fais mon héritier. 


Yves III, assassiné à Allègre

Jacqueline d’Aumont, marquise d’Allègre, épouse de Yves III, se disant maltraitée par son mari quitta le château pour se retirer auprès de ses parents. C’est alors que le marquis se mit en quête d’une autre dame. Celle-ci, le sachant marié, se moqua de lui. Cela déplut fort à notre homme qui ne se fit pas faute d’insulter ladite dame … qui se vengea. A quelque temps de là, le marquis reçut une lettre de la dame disant qu’elle viendrait le trouver pour lui témoigner toute son affection. A cet effet, il était prié de laisser ouverte la fausse porte de son château (la poterne côté nord). A l’heure dite, trois hommes habillés en femme entrèrent dans sa chambre et le tuèrent. C’était le 13 juillet 1577. On ne découvrit jamais les assassins.

« Yves d’Allègre, frère d’Antoine, fut encore tué plus tragiquement. Sa femme, soeur du maréchal de camp ou de France d’Aumont, dame vertueuse et prudente, étant maltraitée par lui, se retira chez ses parents; ce que voyant, le sieur d’Allègre rechercha en mariage une autre grande dame, laquelle sachant qu’il était marié, elle se moqua de lui; ce qui l’indisposa si fort qu’il tint des propos, avec beaucoup de jactance, contre l’honneur de cette dame, ce qui excita celle-ci à en tirer vengeance. Voici comment elle s’y prit. Quelques temps après, le sieur *** remit une lettre au sieur d’Allègre, sous le nom de cette dame, par laquelle…il était prié de vouloir bien laisser la fausse porte de son château ouverte certain jour qu’elle lui désigna; qu’elle viendrait le trouver vers les neuf heures du soir, accompagnée d’un homme et de deux filles de chambre, et qu’elle désirait entrer par la porte indiquée, pour n’être vue de personne. Le sieur d’Allègre, ravi de cette lettre, lui mande qu’elle serait très bien reçue. L’heure indiquée arrivée, il ordonna à ses domestiques de se retirer dans leurs chambres et de n’en point sortir qu’il ne les appelât, et luimême se mit au lit, où il n’eut guère demeuré, que trois hommes déguisés en femmes entrèrent dans sa chambre. L’une d’elle feignit d’être sa maîtresse, s’approcha de lui pour l’accoler, et tenant une courte dague sous sa robe lui en lança plusieurs coups dans le corps. Les autres fausses demoisselles se jetèrent également au même instant sur lui, et le blessèrent si fort qu’il en mourut ayant reçu trente sept coups. L’exécution terminée, les trois individus se retirèrent, sans que jamais on ait pu découvrir les assassins ». (in le manuscrit d’Issoire)

C’est sa veuve Jacqueline d’Aumont qui hérite du château d’Allègre. Son neveu Yves IV, désigné comme héritier par Yves III était encore prisonnier en Allemagne en juillet 1577. Il reviendra de sa captivité en septembre 1581. Il sera nommé gouverneur de la ville d’Issoire le 22 avril 1590 par le roi Henri IV, il y résidera dans la maison dite « Maison Charrier ».
Yves III n’ayant pas eu de descendance, la succession est un peu houleuse (c’est peu dire) car Christophe Ier (marié à Antoinette Duprat), frère d’Yves III, réclame de succéder à son frère comme marquis d’Allègre. Commence alors une période confuse avec une succession de procès et de « coups bas ».

Jacqueline d’Aumont (1577-1602), subit le siège d’Allègre

C’est la veuve d’Yves III, Jacqueline d’Aumont qui hérite du château d’Allègre. Son neveu Yves IV, désigné comme héritier par Yves III était encore prisonnier en Allemagne en juillet 1577. Il reviendra de sa captivité en septembre 1581. Il sera nommé gouverneur de la ville d’Issoire le 22 avril 1590 par le roi Henri IV, il y résidera dans la maison dite « Maison Charrier ».
La succession est des plus houleuse car Christophe Ier, frère d’Yves III, réclame de succéder à son frère comme marquis d’Allègre. D’autres évènements viennent s’ajouter à cet imbroglio. Commence alors une période confuse avec une succession de procès et de « coups bas ».

Le siège d’Allègre par le duc de Nemours (8 août 1593)

Jacqueline d’Aumont, marquise douairière d’Allègre, habite au château. Elle est la sœur du maréchal d’Aumont, chef des troupes royales de Henri IV (qui n’a abjuré que depuis le 23 juillet 1593). C’est elle qui soutient le siège pendant deux jours de tirs de canons qui produisirent de grands dégâts dans les remparts de la ville.
Le Duc de Nemours, gouverneur des provinces du Lyonnais, Forez, Beaujolais, est un des principaux chefs de la Ligue et l’ennemi de Henri IV.
Le 8 août 1593, le duc installa son artillerie au pied du mont Bar sur un terrain nivelé de main d’homme, longtemps appelé « le pré du canon » (encore bien visible aujourd’hui).
Deux jours durant, le duc fit battre furieusement « non seulement les remparts de la ville où il fit brèche très suffisante en icelle » mais aussi les toits des maisons ce qui rendit rapidement la situation intenable.
Jacqueline d’Aumont se vit contrainte de capituler. Elle obtint, pour les défenseurs de la ville, les conditions accordées aux braves, c’est-à-dire de sortir de la place « tambours battants, mèches allumées et bagues sauves« , suivant le langage militaire de l’époque. 
Mais cette promesse ne fut pas tenue. Le vainqueur expulsa brutalement les habitants d’Allègre, après s’être emparé de tous leurs biens. Dans leur dénuement, ils s’en allaient, dit une délibération du temps « errants, les uns d’un côté, les autres de l’autre, l’ennemi s’étant saisi de tous leurs moyens et ne leur ayant laissé que la langue pour prier Dieu« .

Récupération du château : la contre attaque

Quelques semaines après, Jacqueline d’Aumont qui s’était réfugiée au château de Saint-Pal en Chalencon avec sa suite et les gens d’Allègre qui l’avaient suivie et qui connaissaient bien les lieux, décidèrent de tenter une attaque par surprise pour reprendre le château et la ville d’Allègre. Ayant rassemblé et armé tous ses gens, aidée de Guillaume de Lombard, commandant du château, elle attaqua par surprise la garnison de cavalerie que le Duc de Nemours avait laissée pour occuper les lieux.
La troupe ainsi constituée s’avança en secret par une marche de nuit, mina et fit sauter, au point du jour un pan de muraille. Ils firent alors irruption par la brèche ouverte. Après deux heures de combats la cavalerie du Duc de Nemours fut contrainte de reculer et prit la fuite. Jacqueline d’Aumont récupéra son château. Mais la ville était entièrement saccagée : maisons incendiées, pillées. Les habitants et soldats de la marquise avaient vaillamment combattu…. et sans dommages puisqu’il n’y eut à déplorer qu’un seul mort : c’était le dimanche 3 octobre 1593.

Origine des processions du 8 août et du 3 octobre à Notre Dame de l’Oratoire

En souvenir de ce fait d’armes assez miraculeux,  les habitants d’Allègre voyaient en cet exploit prodigieux la main de Dieu. Aussi pour l’en remercier, il fut décidé que dorénavant et à perpétuité le huitième jour d’août et le tiers jour d’octobre de chaque année, seraient jours de fête et qu’en plus, processions générales seraient organisées auxquelles assisteraient tous les habitants de la ville.
(E. Grellet de la Deyte)

Jacqueline d’Aumont décède en 1602. Dans deux transactions signées peu avant le siège d’Allègre (3 février et 6 juillet 1593) elle s’était engagée à laisser la gérance du château à sa nièce Isabelle de Tourzel. En 1605, suite à un jugement, Anne de Tourzel obtient le titre provisoire de marquise d’Allègre en attendant le retour de son frère Christophe II qui viendra s’installer à Allègre en 1607.

Yves IV (1560-1592) marquis d’Allègre, gouverneur d’Issoire (1590-1592)

Ce personnage occupe une petite place sur notre frise historique des Seigneurs d’Allègre, il a vécu seulement 32 ans mais vous allez voir qu’il est impossible de passer sous silence sa biographie très riche en évènements. En fait Yves IV ne sera pratiquement jamais à Allègre mais il aura le titre de marquis d’Allègre.

Portrait d’Yves IV (BNF)

Il était né en 1560 mais la vie commença bien tristement pour lui puisqu’après avoir été orphelin à 14 ans (Antoine d’Allègre ou de Meilhaud, son père, fut tué par Guillaume Duprat – voir plus bas : second épisode des Tourzel et des Duprat).
Il fut otage du prince allemand Casimir (voir Yves III proposé en otage des protestants) de 17 à 21 ans. Il fut détenu au château d’Heidelberg dans des conditions d’autant plus difficiles que le roi de France (Henri III) ne respecta pas les termes du traité signé avec les protestants allemands en 1576 pour qu’ils évacuent la France. Yves IV était détenu « en une tour horrible, où le feu n’a garde de faire dommage, parce que en icelle, il n’y a bois quelconque, mesmes au dedans les chambres voultées sombres et obscures. La table et de pierre, voyre le lit, inhumaine de traitement était encore plus effroyable. »
Finalement, au bout de quatre ans et demi, le prince Casimir libéra Yves IV contre une rançon de 200 000 livres, c’était en septembre 1581.
Nous avons une collection significative des échanges épistolaires entre Yves IV, prisonnier, qui se plaint auprès de la reine de France de ses conditions de détentions.

Le château d’Heidelberg.
En avril 2009 nous sommes allés visiter Heidelberg avec le comité de jumelage Allègre-Krostitz mais personne n’était au courant de l’existence d’Yves IV.

Il sera nommé gouverneur de la ville d’Issoire le 22 avril 1590 par le roi Henri IV. Mais il n’y restera que deux ans (et pour cause… voir plus loin).

Histoire de famille et règlements de comptes : les Tourzel et les Duprat (second épisode)

Depuis des années, Yves IV avait juré de venger son père, Antoine d’Allègre tué par Guillaume Duprat, baron de Vitteaux.
Antoine d’Allègre avait lui-même assassiné, en 1565, François du Prat, frère de Guillaume, et ces deux Duprat avaient auparavant attaqué et blessé Christophe d’Allègre, frère d’Antoine. Le plus incroyable est que les d’Allègre et les Duprat étaient unis par un double mariage.
Il fallait se méfier de Guillaume Duprat qui était un redoutable bretteur avec plusieurs meurtres à son actif, il était craint et respecté de tous. Aussi, avant de l’affronter, Yves IV prit des leçons d’épée auprès du maître d’armes italien Jacques Ferron. Puis il proposa un duel loyal à Guillaume, hors de Paris, « en beaux champs ».
« Le dimanche 7 août 1583, sur les huit heures du matin, fust appelé et desfié le baron de Vitteaux, par d’Allègre à se battre encontre luy à une lieue de Paris, en beaux champs. Il fut concerté entre eux que leurs seconds, bien qu’ils fussent très braves et vaillans ne se battroient point, car ils estoient fort grands amys. Celuy de Monsieur le Baron visita d’Allègre et celui d’Allègre visita le baron, pour Veoyr s’ils n’estoient point armés »
Le combat s’engagea et voici comment il se termina : 
« D’Allègre s’advançant vers Duprat, luy donna une grande estocade de laquelle il tomba. Et aussy tost, s’advançant sur luy de plus près, il luy donna trois ou quatre grands coups d’espée dans le corps et l’acheva, sans luy user d’aucune courtoisie de Vie. »Ainsi mourut, déplore Brantôme, ami de Duprat, ce brave baron, vieux routier d’armes et tant de fois victorieux sur d’autres. « Ce fut un très beau coup d’essay pour l’un et une fascheuse fin pour l’autre. »
(Brantôme)
Ce coup de maître valut à Yves IV de nombreux témoignages d’estime et d’admiration. Tout le monde voulait  faire sa connaissance, ainsi, rencontra-t-il la marquise d’Estrées (mère de Gabrielle d’Estrées, elle-même favorite de Henri IV).

La succession d’Yves III

On se souvient qu’Yves III n’avait pas eu d’enfant. Il avait fait de son neveu, Yves IV, le fils de son frère Antoine, son héritier le 17 mai 1576, le même jour qu’il devait le remplacer comme otage à Heidelberg (tu prends ma place d’otage, en contre partie je te fais mon héritier).
Mais les prétendants à l’héritage étaient nombreux (frères d’Yves III, neveux et nièces). 
Christophe Ier n’avait pas apprécié d’être écarté de la succession par son frère Yves III qui lui avait préféré son neveu Yves IV. Il faut convenir que normalement c’eut été à lui d’hériter en tant que frère aîné d’Antoine.
Le patrimoine convoité est des plus alléchants. De nombreuses terres autour d’Allègre mais aussi dans le Puy de Dôme et en Normandie.
Les procès nombreux et interminables, provoquaient des situations très confuses, entraînaient jalousies, haines et vengeances.

« Le samedi 26 septembre 1587 fut rompu et mis sur la roue, à Paris, un normand nommé Chantepie. Il avait envoyé au sieur Meilhaud (Yves IV) par un laquais, une boîte artificieusement par lui composée. Dans laquelle étaient arrangés trente six canons de pistolets chargés chacun de deux balles. »
Pourquoi cette exécution sur la place publique ?
En ouvrant ladite boîte, un ressort avait été installé de façon à actionner les trente six canons qui lâchaient les soixante douze balles. Cette boîte avait été envoyée par Isabelle d’Allègre, sœur d’Yves IV qui s’estimait lésée dans l’héritage d’Yves III. Mais Chantepie avait montré au laquais comment il fallait ouvrir la boîte. Il l’ouvrit en présence du marquis d’Allègre qui ne fut pas blessé. Néanmoins, Chantepie fut arrêté et déclara qu’il avait lui-même fabriqué l’engin et qu’il l’avait envoyé dans l’intention de faire mourir, ceci sur ordre de la sœur d’Yves IV.

Yves IV et les guerres de religion

La ville d’Issoire longtemps place forte en Auvergne des protestants était en 1590, tenue par les royalistes. Le roi, Henri IV, nomma Yves IV gouverneur d’Issoire. Mais, le comportement du marquis d’Allègre et de la marquise d’Estrées les firent détester des habitants d’Issoire. Yves IV se comportait en despote, n’hésitant pas à faire exécuter ses ennemis à augmenter les tailles (impôts). La marquise d’Estrées scandalisait par son mépris, sa hauteur, ses exigences financières envers le faible marquis et sa mesquinerie. En effet, sachant que la soie était exclusivement réservée aux femmes « titrées », elle ne permit plus aux bourgeoises de la ville « qui, disait-elle, osaient avoir des prétentions à une tenue de noble goût », de porter des habits de soie. Il faut encore ajouter deux sorties du marquis et de ses soldats qui se terminèrent par de nombreux morts dans son camp. Enfin, ́certains marchands et bouchers qui fournissaient la maison du marquis d’Allègre étant venus demander de l’argent à Madame d’Estrées, celle-ci les fit maltraiter et battre.

Yves IV assassiné à Issoire

Le 8 juin 1592, la foule mécontente des exactions d’Yves IV et du comportement de sa maîtresse envahit l’hôtel du marquis. Il fut assassiné ainsi que la marquise d’Estrées. Les deux cadavres furent jetés par la fenêtre, puis, peut-être dans un puits. Le lendemain, les corps furent conduits au château de Meilhaud, propriété des d’Allègre.
Seules les deux filles de la marquise dont l’une (Françoise d’Estrées) était la fille de Yves IV, furent épargnées.
Les assassins furent abattus au pistolet ou pendus, à l’exception de certains qui réussirent à prendre la fuite pour aller se réfugier en Languedoc.

Christophe II (1607-1640), devint plus sage avec l’âge

Après l’assassinat d’Yves IV, en 1592, il ne restait qu’un héritier mâle parmi les d’Allègre : c’était son cousin Christophe II.
Né en 1565, il est le seul fils de Christophe Ier (frère d’Yves III) et d’Antoinette Duprat qui ont eu quatre filles : Anne, Madeleine, Marie et Marguerite.
A l’âge de 22 ans, il était déjà l’un des principaux chefs royalistes. De son château de Blainville, en Normandie (possession des d’Allègre depuis Gabriel de Tourzel, au début du XVIème siècle), Christophe II d’Allègre harcelait les ligueurs, pillait les campagnes, terrorisait la population.
« C’est l’homme le plus violent, le plus vindicatif, le plus irascible, le plus intraitable, le plus dangereux… »(Jean Ollier, abbé de Pébrac)
En 1591, il fut nommé gouverneur de Gisors (en Normandie) tout en continuant à se signaler par des actes odieux. On raconte à son sujet que, un jour, un officier de son armée, le lieutenant général Frontin avait eu la mauvaise idée de vouloir lui tenir tête. Christophe II le fit asseoir sur un baril de poudre, mèche allumée. Le malheureux avait pour prendre une décision, le temps que mettrait la mèche à se consumer.

Christophe II assassin

Devant une telle conduite, le roi Henri IV lui retira sa charge de gouverneur (mars 1592) pour la donner à François de Montmorency (ou baron de Hallot) qui était réputé pour sa bravoure et sa droiture qu’il avait montrées à Arques et à Yvry.
Aveuglé par la jalousie, Christophe II ne tarda pas à se venger, il quitta son château de Blainville avec un groupe de ses sbires pour se rendre chez Hallot qu’il tua sur le champ (12 septembre 1592).
Le 12 septembre 1592, au matin, il quittait son château de Blainville, véritable « repaire de picoreurs » et se trouvait le lendemain à Vernon, où Montmorency se rétablissait des suites d’une grave blessure. Christophe II demande à le voir. Ne se doutant de rien, Montmorency descend aussitôt, péniblement appuyé sur des béquilles. A la vue de l’infirme et sans répondre même à son salut des plus « gracieux et courtois », Christophe II, « la teste couverte », prononce ces simples mots : « Monsieur, il faut mourir » et aidé de ses complices, il lui porte de multiples coups de poignard ou d’épée sur le Corps, qui le laisse « mort sur place ».
(Pierre Taisan de l’Estoile)

Une famille née sous le signe de la dague et de l’épée : la même année, à 3 mois près, en juin 1592,son cousin Yves IV était assassiné à Issoire avec sa maîtresse Mme d’Estrées.

Christophe II en exil

Ce meurtre eut un tel retentissement que pour échapper à la justice, Christophe II préféra s’enfuir en Italie. En France, il fut condamné par contumace par le Parlement de Caen « à être tiré et démembré par quatre chevaux, sa  teste  et sa main droite séparées et mises sur un pont (à Caen) et les autres membres placés aux quatre portes de la ville. »

Le retour de Christophe II

Après plusieurs années d’exil en Italie, Christophe II ayant bénéficié de lettres de grâce de la part de Henri IV, rentra en France. Mais il jugea plus prudent de s’établir à Allègre plutôt qu’à Blainville (1605).
Christophe II marquis d’Allègre, change de comportement
Il épouse Louise de Flaghac, le 27 avril 1608, elle est dame de Flaghac, de Salzuit, Aubusson, Aurouse, etc… Ils auront 8 enfants: Claude YvesEmmanuel, Pierre, Louis, Claude-Christophe, Annet, Anna et la plus jeune ,Marguerite. Sous l’influence très positive de la marquise, il s’attacha à faire oublier ses torts passés et réussira à merveille à se faire accepter de la population. Il fondit l’hôtel-Dieu d’Allègre « dans lequel seront soignés les pauvres malades et où les enfants apprendront à lire écrire. » Actuellement les bâtiments sont occupés par la maison de retraite (EHPAD).
Il mourut en mai 1640 au château d’Allègre. C’est son fils Claude Yves de Tourzel qui prendra la succession.

Sa veuve, la marquise douairière Louise de Flaghac était une femme très pieuse, elle était une confidente de la mère Agnès de Langeac (1602-1634). En 1650 elle fit édifier la nef de la chapelle Notre Dame de l’Oratoire qui prend ainsi sa forme définitive. Sur le côté nord-ouest elle se fit construire une ouverture « la porte de la marquise », aujourd’hui murée mais bien visible. Elle fit également peindre sur les murs de la chapelle une litre funèbre avec les armoiries de feu son mari.

Au dessus du chemin de croix une litre fait le tour de la chapelle Notre Dame de l’Oratoire depuis 1650

La marquise décède en 1671, laissant le souvenir d’une femme pieuse, d’une grande douceur et simplicité, compatissante aux malheurs d’autrui. Elle a joué un grand rôle dans l’assagissement de son mari.

Arbre généalogique des Tourzel

Claude Yves (1640 à 1664), Maréchal de camp et Conseiller d’État

Claude Yves, marquis d’Allègre succède à son père Christophe II en 1640. Il fut l’un des hommes les plus fortuné de son époque.
Jugez plutôt, outre le titre de marquis d’Allègre il était marquis de Blainville mais aussi comte d’Oissery, baron de Maisy, Nouchel, Elbeuf, Croisy, Saint Aignan… possédait également en Auvergne : Cordès, Orcival, Meilhaud, la vallée de l’Allier jusqu’à Langeac,  Viverols, plus près d’Allègre : Saint-Just (Bellevue), Chomelix…. 
Il vient souvent à Allègre où il est entouré d’une cour en miniature, composée de l’intendant du bailli, du receveur général du marquisat, du capitaine du château, des écuyers, du chapelain du secrétaire et de nombreux serviteurs.
Son testament nous donne une idée du train de vie d’un grand seigneur. Il fait des legs à ses nombreux domestiques : deux valets de chambre, deux laquais, un palefrenier, un cocher (indice d’un très grand luxe), un cuisinier, ainsi qu’à la dame de compagnie, à la femme de chambre et aux laquais de mademoiselle sa fille.

Il épouse  en premières noces Louise Eschalart de La Boulaye le 26 juin 1636  elle est la fille de Philippe Eschalart de La Boulaye et de Marie Hurault des Marais. Ils auront une fille, Anne qui décèdera assez jeune. 
Le 27 février 1655 il contracte son second mariage, avec Marguerite Gilberte Blanquefort de Roquefeuil.
De cette union naîtront deux filles : Louise-Marie, morte en bas âge et Marie-Marguerite, marquise d’Allègre.
L’héritière de Claude Yves, sa fille Marie Marguerite, épouse en 1675, Jean Baptiste Colbert, fils du Grand Colbert.
Marie Marguerite mourra en 1678 son unique fille, Marie Jeanne Colbert décèdera en 1680.
Le marquisat d’Allègre et ses vastes dépendances en Auvergne reviennent alors à Emmanuel, frère de Claude Yves, cinquième fils de Christophe II.

Claude Yves de Tourzel meurt le 14 novembre 1664.  Peu après avoir rédigé son testament (6 novembre 1664)
Il  fut inhumé à la chapelle Saint-Yves d’Allègre.

Emmanuel de Tourzel (1664-1690)

Né en 1633, il est le cinquième fils de Christophe II et de Louise de Flaghac.
Il épouse Marie de Rémond de Modène en 1645 qui lui donnera un fils, Yves V (qui lui succèdera) et une fille, Louise Marie.
Sa femme, Marie apporte les terres de Montaigut-Le-Blanc à la famille Tourzel.
En 1659 Emmanuel acquiert en Auvergne, les terres de Cordès et Orcival.

Le Château de Cordès

« Hault » et puissant seigneur messire Emmanuel, chevalier, marquis d’Allègre, Cordès, St-Floret, baron de Flageac-Aurouze, Aubusson et Salzuit, comte d’Oisery, seigneur de Meilhau, Montaigut, Chabreuges, Lodières, Murs, etc.
Ainsi est qualifié messire Emmanuel dans un traité passé avec Claude Bayle, « maistre couvreur, pour l’entretien des couvers d’ardoise du chasteau » en 1684.

Emmanuel de Tourzel vécut entre Allègre et Montaigut le Blanc. Mais à partir de 1681 il préfère rester  à Allègre où il passe beaucoup de temps à s’occuper de la confrérie des Pénitents Blancs qui ont pour lieu de culte la Chapelle Notre Dame de l’Oratoire.
Il décède dans son château de Montaigut, le 17 avril 1690. Mais il est inhumé, dans la chapelle Saint Yves d’Allègre comme beaucoup de ces illustres ancêtres.

Par suite de mariages ou d’achats, les possessions des Allègre en Auvergne, sont alors immenses. Elles s’échelonnent alors depuis Cordès, Orcival, St-Cirgues et Meilhaud, le long de l’Allier jusqu’à Langeac, et se prolongent de là par Flageac, Aurouze, Aubusson, Allègre, St-Just, Chomelix, Viverols et Cuzieu jusqu’aux portes de la ville de Montbrison en Forez, presque sans autre enclave que la baronnie de Craponne sur Arzon qui appartenait aux Polignac.

Yves V (1690-1733) marquis d’Allègre, dernier du nom
 Maréchal de France en 1723

Portrait d’Yves V

Né en 1653, le dernier de la célèbre lignée des Tourzel sera Yves V. Il participa à toutes les guerres de Louis XIV : campagne de Hollande, guerre de la ligue d’Augsbourg, guerre de succession d’Espagne. Il fut plusieurs fois blessé et même fait prisonnier.
Yves V d’Alègre est un homme plutôt grand, il a les allures d’un grand seigneur. Sa vie essentiellement militaire, est celle de ces officiers du grand roi, partageant leur existence entre la cour, la vie des camps, et celle, plus calme, menée dans leurs vastes domaines. 
Entre ses campagnes il réside soit dans l’un de ses hôtels à Paris ou à Versailles, soit dans un de ses châteaux : Cordès dans le Puy de Dôme (que son père avait acquis), Meilhaud ou Allègre où il se trouve lors de l’incendie du 15 novembre 1698.

Il épouse Jeanne-Françoise Garaud de Donneville le 29 août 1679, le couple aura un fils, Emmanuel-Yves, et quatre filles d’où viendra la descendance des Tourzel marquis d’Allègre. (voir son arbre généalogique plus bas).

Marquis d’Allègre, Yves V sera aussi, baron de Flaghac, Salzuit, Cordès, Aubusson, Aurouse,  seigneur de Bosbomparent, la Roche Lastic, Rouziers, Lignerolles, Montaigut le Blanc, Meilhaux, Champeix, Saint-Cirgues, Saint-Floret, Saint-Vincent, Lodines, Chabreuges, etc…
A partir de 1691 le marquis Yves V accorda moyennant une redevance d’un louis d’or la permission de construire dans les fossés du château.

Il ne fait pas reconstruire le château d’Allègre, détruit par un incendie en 1698, mais il restaure Cordès et y appelle le jardinier de Louis XIV, Le Notre. Il se fait bâtir un bel hôtel à Versailles, rue Saint-François.


15 novembre 1698 : une date funeste pour l’histoire du château

C’est à cette date en effet que le château d’Allègre a brûlé. Yves V venait passer quelques jours à Allègre avec sa suite pour y consulter des documents et autres actes qui se trouvaient dans le donjon central dit « la Tour du trésor ». Le feu a commencé le matin et il s’est rapidement étendu aux charpentes du toit, attisé par un fort vent.


Procès verbal d’incendie du château d’allègre


Aujourd’hui 15 novembre, sur les 6 heures du soir, devant nous François Grangier, avocat au parlement, bailli de la ville et marquisat d’Allègre, assisté de M. François Boutaud, notre greffier, est comparu M. Pierre Chardon, procureur d’office du marquisat, qui a déclaré ce qui suit :
« Le feu a pris dans la cheminée de la salle haute du château, ce matin entre 7 et 8 heures. Ce feu, excité par un grand vent, s’est communiqué, en moins d’une demi-heure, en plusieurs endroits de la toiture du château et particulièrement au toit du pavillon de la tour où sont les papiers communs (tour du trésor). Malgré le secours de plus de 500 personnes accourues sur les lieux, le château qui était un des plus considérables de la province, a été embrasé et réduit en cendres en moins de 5 heures. Seuls quelques meubles, et quelques papiers ont pu être sauvés et ont été portés, par les assistants, dans la chapelle Saint-Yves qui est dans la basse cour.
M. le Marquis, arrivé depuis trois jours, avec son train et ses domestiques, était présent et spectateur de cet épouvantable accident. »
(d’après le témoignage de P. Chardon, procureur d’office du marquisat d’Allègre, chargé de la clé du cabinet du trésor des papiers, terriers, titres, documents, etc.)
Ont signé : 32 témoins.

Le château n’est plus mais les remparts demeurent : jusqu’à la révolution, les remparts pouvaient permettre de fermer la ville. Ainsi, en 1720, lors de la dernière grande épidémie de peste, il fut décidé que les portes de la ville seraient fermées chaque soir.

Comme il a été dit le château ne fut jamais reconstruit mais Yves V avait le choix pour se retirer entre ses nombreuses propriétés.
Notre marquis est passionné par les livres, c’est en effet un bibliophile averti qui enrichit les vitrines de son hôtel de Paris, rue du Pot de Fer, de précieux exemplaires conservés de nos jours à la Bibliothèque Nationale. Pour avoir participé brillamment à presque toutes les guerres de Louis XIV il est nommé maréchal de France en 1723 sous Louis XV.


Il meurt le 3 février 1733 à Paris, à l’âge respectable pour l’époque de 80 ans.

Et si on parlait un peu de la vie des habitants d’Allègre à cette époque.


Reconnaissance pour Yves V, marquis d’Allègre, par les habitants d’Allègre, des droits auxquels ils sont sujets (16 novembre 1727)


Par devant nous, notaires royaux soussignés… ont Comparu… (suivent les noms de 32 habitants d’ ALLÈGRE composant la plus saine (!) partie de la population.
Ces habitants, convoqués par les consuls de la ville se sont rassemblés, à l’issue de la messe de paroisse, au son de la cloche et à la manière accoutumée. Ils ont pris communication des terriers et titres de très haut et très puissant seigneur, Monseigneur Yves, marquis d’Allègre, maréchal de France, etc. Après s’être consultés et avoir délibéré ensemble, ils déclarent reconnaître ce qui suit : 
1) –  ils sont de la justice haute, moyenne et basse du marquis d’Allègre
2) – ils sont sujets aux droits ci-après qui ont été de toute ancienneté, perçus par monseigneur ou ses prédécesseurs à savoir :
a) – ils sont sujets à la banalité des fours et moulins de Monseigneur : 
b) – monseigneur a le droit de banvin dans toute l’étendue du marquisat, pendant tout le courant du mois d’août :
 c) – les habitants de la ville d’Allègre, qui, ont, ou auront, couple de mules ou autres bêtes à bât, sont tenus de faire la saume au vin, chaque année pour monseigneur, étant eux, leurs mulets ou autres bêtes, nourris aux frais de monseigneur, lequel est tenu de leur faire donner un fer pour chaque bête.
d) – monseigneur a le droit de layde et de péage en la ville et faubourg et autres lieux dépendant du marquisat ;
e) – monseigneur a droit de percevoir la langue et un pied de chaque bête tuée à la boucherie. On ne peut s’établir boucher dans la ville et les faubourgs qu’aux endroits destinés à cet effet et avec la permission de monseigneur et de ses officiers ;
f) – les habitants d’Allègre reconnaissent de plus que les bâtiments et héritages dépendant de la directe de monseigneur, sont sujets aux cens, avec droit de loods et vente au huitième dernier, etc. au profit de monseigneur 
g) – ils sont sujets, envers monseigneur, à la taille aux quatre cas selon la coutume de cette province.
h) – les bâtiments et héritages sont tenus et sujets aux droit et à la condition de main-morte dans les cas exprimés par la même coutume, à l’exception pourtant des bâtiments et héritages situés dans l’enceinte des murs de la ville close et ce conformément aux anciens privilèges accordés aux habitants de la ville close par Armand et Hugues d’Allègre, père et fils en juillet 1273 (ou 1263) puis par Yves et Jacques, barons d’Allègre, les 3 juin 1453 et 1484).On trouve encore dans un acte de décembre 1766 :Monseigneur a 
– droit de chasse et de pêche,
– droit de police,- droit de poids et mesures
– droits honorifiques dans toutes les églises et chapelles du marquisat,
– droit de pain béni, baiser de paix, eau bénite, heures et prières nominales au prône,
– droit de ban, litre et ceintures funèbres, 
– droit de patronage et de présentation aux cures,
 – droit d’instituer et nommer des juges, bailli, lieutenant, procureur d’office, notaires, huissiers et autres ministres de justice,- droit de guet et de garde…)
Suivent une trentaine de signatures « des habitants qui l’ont su faire, les autres ont déclaré ne le savoir »

(Les notaires royaux Sabot et Enjolvy)

Portrait en pied d’Yves V gravé en 1715 par Tardieu, pour le sacre du roi Louis XV dont le cuivre original est conservé à la chalcographie du Louvre sous le N° 3998. Planche XV.

La peste à Allègre

C’est sous le « règne » d’Yves V qu’a eu lieu en 1720-1721 un évènement important dans la vie d’Allègre. Pendant cette période, les habitants du village (et d’ailleurs) ont été confronté à la peste. Cette redoutable épidémie a bouleversé le rythme de vie des habitants. Ainsi nous vous proposons de découvrir à travers un document produit par un de nos historien local, René Bore ce qui s’est passé pendant cette période qui a marqué l’histoire d’Allègre.
Il y a trois siècles le « confinement » d’Allègre 
Cliquer ICI pour accéder à ce document

Louise Marie Emmanuelle, (1733-1756)
La marquise de Maillebois – La fin du marquisat d’Allègre

Louise Marie Emmanuelle de Tourzel
Louise Marie Emmanuelle de Tourzel

La plus jeune des filles d’Yves V, Louise Marie Emmanuelle de Tourzel d’Alègre, née en 1692, hérita du marquisat d’Allègre.
Elle épouse le 26 janvier 1713 Jean-Baptiste-François Desmarets marquis de Maillebois. Et devient ainsi  marquise de Maillebois.

Le marquis de Maillebois
Le marquis de Maillebois

Après 1736, la marquise de Maillebois, héritière des terres et biens d’Yves V, fit construire côté Sud une maison bourgeoise. Chaque année elle se plaisait à passer plusieurs mois sur les terre de ses ancêtres. Pour mieux jouir des belles couleurs automnales du mont Bar, elle ordonna la démolition de la chapelle Saint-Yves (en piteux état) qui lui masquait la vue. En 1830 le bâtiment fut démoli. Elle décède le 2 avril 1756 à Versailles.
Son fils, Yves Marie de Maillebois vendit le marquisat d’Allègre à Claude Douet de la Boulaye, fermier général, en 1766, marquis à son tour.
Jean-Claude Douet, son fils, également fermier général devient marquis à la mort de son père, il meurt guillotiné en 1794.

Après la Révolution la terre, non vendue comme bien national, revient à ses héritiers qui, seulement intéressés par la valeur des biens, vendent en 1804 les terres du marquisat à la société Bravard qui les revend immédiatement, en détail, sans les avoir payés. De multiples procédures conduisent à une revente en 1817.

Ainsi se termina ce qui avait été un des plus importants marquisat d’Auvergne dont il ne reste aujourd’hui que des ruines dont certaines comme la Potence et le Portail de Monsieur donnent une idée de la grandeur de ce que fut cette époque qui aura duré presque quatre siècles.

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